Apprendre à protéger la vie privée et les libertés

éducation, Tic Pas de commentaires »

cnil

Avec la multiplication des blogs et des réseaux sociaux, on laisse aujourd’hui beaucoup d’informations sur soi sans vraiment y prêter attention ou même sans le savoir. Ces informations personnelles sont accessibles en ligne sans limitation de durée et peuvent être exploitées, enrichies, vendues… elles sont parfois sorties de leur contexte et détournées.

Afin de promouvoir les bons réflexes chez les jeunes utilisateurs d’Internet, la CNIL enrichit l’espace enseignant avec de nouveaux supports pédagogiques adaptés aux collégiens, aux enseignants et aux chefs d’établissement du second degré.

Cette nouvelle rubrique est destinée aux enseignants et aux professionnels de l’Education. La CNIL met à leur disposition:

  • 10 fiches méthodologiques résumant « l’essentiel à retenir » et des astuces sur un thème donné, comme par exemple:  »Créer un blog ou un site web », « Surfer en toute sécurité », « S’inscrire sur un réseau social », etc.
  • 10 fiches pédagogiques, pour animer des ateliers ou proposer des idées de débats ou d’exposés, comme par exemple: « Les données personnelles », « Le cyberhacèlement », « Le teen-marketing », etc.
  • La version interactive de l’édition spéciale « enseignant » de l’ACTU, le journal des 14-18 ans, sur le thème de la protection de la vie privée sur Internet.
  • Un guide « informatique et libertés » pour l’enseignement du second degré. Destiné aux chefs d’établissement, il rappelle les règles à respecter lors de la création de fichiers ou de dispositifs de surveillance tels que la biométrie dans les cantines scolaires ou la vidéosurveillance.

Découvrez le nouvel espace enseignants!

Usage d’internet

éducation, Tic Pas de commentaires »

educnet

Plusieurs enquêtes dernièrement ont été publiées concernant l’usage d’internet soit au niveau européen (enquête Eurostat) soit concernant plus généralement les technologies de l’information et de la communication (rapport CREDOC), soit concernant spécifiquement l’usage des jeunes (enquêtes Calysto)

Usage d’internet en 2010 : ménages et particuliers : enquête Eurostat

Cette publication de la commission européenne donne un bref aperçu des résultats 2010 de l’enquête communautaire sur l’utilisation des TIC (technologies de l’information et de la communication) par les ménages et les particuliers dans les 27 pays de l’Union Européenne.

Accès à internet

70 % des ménages des 27 pays de l’UE ont accès à internet. L’accés en haut débit lui a doublé depuis 2006, il concerne 61% des ménages.

Usages d’internet

Les particuliers qui utilisent internet au moins une fois par semaine : les 16-24 ans sont  90%, à l’opposé, ceux qui utilisent le moins internet,  les  55 – 74 ans sont 37%, la moyenne se situant à 65 %. En ce qui concerne la France, elle se situe au dessus de la moyenne, 75 % des français utilisent internet au moins une fois par semaine, la Norvège occupant la 1ère place avec 90%.

Communiquer

90 % des 16-24 ans envoient des messages et  80% postent des messages sur des sites de chat, de blogs ou de réseaux sociaux, ceux qui ont un haut niveau d’éducation sont 100% à envoyer des messages.
Lire les actualités
50% des internautes lisent les actualités, les 16-24 ans sont 45%, ceux qui ont un faible niveau d’éducation sont 35%, à l’opposé ceux qui ont un haut niveau d’éducation sont 62%.

Apprendre

48% des internautes consulte internet pour apprendre, les 16-24 ans sont 62%, ceux qui ont un faible niveau d’éducation sont 48%, et ceux qui ont un haut niveau d’éducation sont 55%.
Suivre des cours en ligne
Seulement 5% des internautes suivent des cours en ligne, les 16-24 ans étant seulement 8% et ceux qui ont un haut niveau d’éducation 10%.

Rechercher de l’information sur les sites des pouvoirs publics

Environ la moitié des utilisateurs d’internet dans l’UE ont cherché de l’information sur les sites  des pouvoirs publics au cours de l’année ; la plus grande part a été enregistrée au Danemark 88%, en France 62 %.

Achat en ligne
Près de 60% des utilisateurs d’internet font des achats en ligne, la proportion varie de 79% au Royaume-Uni à 9% en Roumanie, en France les internautes sont 70 % à acheter en ligne.

La sécurité

Environ un tiers des utilisateurs d’internet ont signalé un virus ou une autre infection sur leur ordinateur durant les 12 derniers mois. En France et en Norvège, les internautes sont ceux qui reçoivent le plus de spam dans leur courrier électronique (70 %). 80% des internautes ont installé des antivirus ou autres produits de sécurité sur leur ordinateur. Près d’un tiers des utilisateurs d’Internet déclarent avoir fourni  des informations personnelles sur les réseaux sociaux.

Usage d’internet en 2010 : ménages et particuliers : enquête Eurostat, 14/12/2010,, 8 p.

La diffusion des technologies de l’information et de la communication dans la société française 2010 : rapport CREDOC

Ce rapport a été réalisé à la demande du Conseil Général de l’Industrie, de l’Energie et des Technologies (CGIET) et de l’’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP). Il  présente l’analyse des questions relatives à la diffusion, à l’usage et à l’image des technologies de l’information et de la communication en France. Ce document est organisé en trois parties : la première concerne la téléphonie fixe et mobile ; la deuxième a trait à l’ordinateur et à internet ; la troisième s’intéresse aux différents modes d’accès à la télévision.

La téléphonie fixe et mobile

Téléphonie fixe

Le taux d’équipement en téléphonie fixe est stable, à 87%, 95% des abonnés n’ont qu’un seul opérateur et plus d’une personne sur deux téléphone par un boîtier multiservice

Téléphonie mobile

Le taux d’équipement en téléphonie mobile progresse et s’établit à 83%, 7 personnes sur dix bénéficient d’un double équipement, fixe et mobile. En un an, le nombre de SMS envoyés a quasiment doublé, en particulier chez les jeunes. Le téléchargement d’applications séduit près d’un abonné sur dix. La télévision sur le mobile stagne en revanche l’intérêt pour internet sur le téléphone mobile se confirme mais un utilisateur sur deux se plaint de la vitesse de connexion à internet sur téléphone mobile. Les pratiques frauduleuses sont dénoncées par plus d’un abonné sur trois.

Ordinateur et internet

Ordinateur

Plus de trois personnes sur quatre disposent d’un ordinateur à domicile. 44% des personnes interrogées sont équipées d’un ordinateur portable et plus du quart des personnes disposent de plusieurs ordinateurs à domicile.

Internet

Au total, trois personnes sur quatre se connectent à internet.

Les connexions à domicile

71% des personnes sont connectées à domicile, le plus souvent via l’ADSL. Plus de quatre personnes équipées sur dix se plaignent de la lenteur de leur connexion. Plus de la moitié des personnes équipées le sont depuis au moins cinq ans.
Les trois quarts des personnes équipées se connectent quotidiennement.

Les autres lieux de connexions

Les autres connexions se font sur le lieu de travail ou d’études,  dans les cybercafés et les bibliothèques, dans un lieu public en Wi-Fi, ou depuis un téléphone mobile.

Quelques usages d’internet

Plus d’une personne sur trois fait partie d’un « réseau social » sur internet.
Près d’une personne sur dix téléphone via son ordinateur.
Le téléchargement de musique ou de films déclaré semble en baisse, il est dépassé par la pratique du « streaming ».
Une personne sur sept environ regarde la télévision via son ordinateur.
20% des personnes interrogées jouent en réseau.
Un quart des Français utilise internet pour le travail ou pour suivre une formation.
Les démarches administratives et fiscales sur internet continuent de progresser.
Près d’une personne sur deux fait des achats par internet.

Internet et vie privée

L’insuffisance de protection des données personnelles sont pour les français le principal frein à l’utilisation d’internet et ils se prononcent largement en faveur du « droit à l’oubli ».  Il souhaitent également un accompagnement pour mieux utiliser les outils informatiques.

La télévision

Les modes d’accès à la télévision ne cessent de se multiplier.  La TNT monte en charge et l’ADSL dépasse le satellite.
Le temps moyen passé devant les écrans est de 35 heures par semaine pour les 16 -24 ans (19 heures pour internet, 16 heures pour la télévision).

En guise de conclusion

Fossé numérique

En 2010, les différents équipements liés aux technologies de l’information et des communications (ordinateur, internet, téléphone portable) ont continué leur diffusion dans la population française. Pour la population de 18 ans et plus, le taux d’équipement du téléphone mobile a ainsi crû de 1 point, celui de l’ordinateur et d’internet de 3 points. Les trois équipements conservent, depuis le début des années 2000, le même classement, cependant, internet affiche le taux d’inégalités le plus fort (coefficient de Gini de 13%), devant l’odinateur (12%) et le téléphone (7%). Un coefficient de Gini égal à zéro signifie qu’il n’y a pas d’inégalités.
Mais en dix ans, l’évolution est spectaculaire, puisque le niveau des inégalités a été divisé par deux (pour le téléphone mobile), par 2,3 pour l’ordinateur et par presque trois (2,8) pour l’accès à internet à domicile.
L’analyse détaillée de l’origine des inégalités  montre que l’âge intervient désormais, pour tous les équipements, comme premier
critère explicatif des écarts. Alors que les effets liés au diplôme, aux revenus ou à la PCS se sont gommés au fil du temps, les effets liés à l’âge perdurent et deviennent prépondérants.

Différences d’usages

Le rapport dresse une typologie d’usages :  usages liés aux loisirs (téléchargement films et musique, jeux en réseau, télévision, réseaux sociaux) et usages pratiques (achat en ligne, recherche d’information, démarches administratives, téléphone avec Skype…), ces usages se répartissant en usages experts ou limités.

Les adolescents, champions des pratiques ludiques, se situent dans les usages liés aux loisirs, alors que leurs parents (40-59 ans) sont plutôt  dans la zone correspondant aux usages pratiques liés à la vie quotidienne. On note que plus la taille du foyer est importante et plus la dimension ludique s’avère prépondérante. Les plus âgés, qui utilisent très peu internet, se situent dans la zone des usages limités.

La diffusion des technologies de l’information et de la communication dans la société française 2010 : rapport CREDOC, 231 p.
Communiqué de presse de l’ARCEP, 10/12/2010

Enfants et internet baromètre 2009 – 2010

Le quatrième baromètre “Enfants et Internet” a été réalisé par Calysto dans le cadre du Tour de France des établissements scolaires avec le soutien de la Voix de l’Enfant. Cette enquête a été réalisée en “face à face” au sein des établissements scolaires visités,  elle a concernée un échantillon de 35 000 enfants âgés de 11 à 17 ans, rencontrés entre le 10 mai et le 17 juin 2010.

Internet

Près de 90 % des jeunes de 11 à 17 ans ont internet à la maison : (15 -17 ans : 92%),   (13 -15 ans : 93 %), (11- 13 ans 89 %). 59 % des 13-15 ans ont montré à leurs parents comment utiliser internet et 26% de ces derniers discutent avec leurs parents de ce qu’ils font sur internet.

Protection des accès internet

Les 11-13 ans sont 82 % à être tombés sur des contenus choquant et ils sont seulement 10 % à en avoir parlé à un adulte.
Concernant les logiciels de contrôle parental seulement 22% des 11-13 ans reconnaissent en avoir un d’installé à la maison.
Les jeunes internautes, futurs parents, disent qu’ils seront plus impliqués dans l’éducation numérique de leurs enfants. Plus les ados sont jeunes, plus ils souhaitent protéger leurs futurs enfants, notamment à l’aide du filtre parental pour 47% des 11-13 ans.

Réseaux sociaux

75% des 15-17 ans et des 13-15 ans possèdent un profil sur Facebook. La publication de photos ou de vidéos sur Facebook reste l’activité favorite avec 60% de 15-17 ans qui pratiquent régulièrement cette activité. 87% des 11-13 ans ne protègent aucune de leurs données personnelles sur Facebook. Ils sont presque 3 sur 10 de cette même tranche d’âge à y accepter systématiquement «les nouveaux amis» qui se présentent, alors que Facebook est interdit au moins de 13 ans.

Droit à l’oubli

A l’heure du Web 2.0 les adolescents ne semblent pas très concernés par le débat en cours concernant le droit à l’oubli. 39% des 15-17 ans admettent avoir été victimes d’informations personnelles publiées à leur insu. Ils ne sont cependant que 21% de cette même tranche d’âge à avoir réclamé leur suppression.

Jeux vidéos

87% des 11-13 ans et 80% des 15-17 ans déclarent y jouer au moins une fois par jour. La signalétique des jeux vidéos semble mal comprise ou mal appliquée puisque 51% des 11-13 ans reconnaissent jouer à des jeux déconseillés aux mineurs.

Téléphone mobile

91% des 15-17 ans en sont  équipés et 47% des 11-13 ans. 85% des 15-17 ans réalisent et envoient des vidéos au moins une fois par jour. Les ados souhaitent pouvoir être joints même en plein sommeil : 31% des 15-17 ans dorment avec leur téléphone
sous l’oreiller.

Messageries instantanées

Les messageries de type MSN sont toujours très appréciées des plus jeunes, 25% des 11-13 ans y passent plus de trois heures par jour. Les 13-15 ans sont 24% à accepter tous les contacts et 65% à allumer systématiquement leurs webcams pour discuter.
26% des 11-13 ans discutent avec des inconnus sur MSN et 10% d’entre eux se sont trouvés face à un adulte.

Téléchargement de films et de séries télé

51% des 13-15 ans, contre 21 % l’an passé en téléchargent régulièrement ; les 15-17 ans sont 60%. 26 % des 13-15 ans
et 27% des 15-17 ans reconnaissent le faire à la demande de leurs parents.

Enfants et internet baromètre 2009 – 2010, , 44 p.
Voir la présentation de cette enquête sur ITRnews

Pratiques musicales des jeunes : enquête Tous pour la musique et Calysto

Tous Pour La Musique a réalisé avec la société Calysto une enquête sur les pratiques musicales des collégiens. Cette enquête a été réalisée durant l’année scolaire 2009-2010, elle a concerné 1500 jeunes de 10 à 18 ans.

Téléchargement de musique, films et jeux vidéos

La moyenne des jeunes télécharge de la musique à 71%, des films à 60% et des jeux vidéos à 38%. 80% des 16-18 ans téléchargent de la musique et ils sont seulement 34 % à télécharger des jeux vidéos. Quelque soit l’âge 10-12 ans, 13-15 ans ou 16-18 ans l’activité principale est le téléchargement de la musique, vient ensuite le téléchargement de films puis celui des jeux vidéos.

44% sont déjà tombés sur des contenus choquants dont 43 % des 10-12 ans et 15 % à avoir déjà payé pour du téléchargement dont 18 % des 10-12 ans.
Les titres de musiques ou de films sont trouvés en grand partie à la télévision 66%. Un peu moins de 10% pensent s’abonner à une offre légale de musique.

La musique

L’écoute de la musique se fait en majeure partie sur un Mp3 78 %, sur l’ordinateur 72 %, sur le téléphone 56%. La musique provient de Youtube à 62%, des sites de streaming à 55 % et téléchargée à 55% également, achetée sur internet ou sur mobile 14 %.

Les Films

Ils sont regardés à la télévision à 94 %, 74 % sur l’ordinateur, et 28 % sur une solution mobile.
Les films sont téléchargés à 56 %, à l’opposé acheté sur internet à 5%.
37% des 10-18 ans piratent moins de 10 films par mois, à l’opposé 1% pirate plus de 100 films par mois.

Pratiques musicales des jeunes : enquête Tous pour la musique et Calysto, , 33 p.

Voir la présentation de l’enquête sur le site Tous pour la musique

D’après www.educnet.education.fr

Qui a peur de l’entrée des réseaux sociaux en classe? Les élèves!

Cyberculture populaire, Tic, un jeune Pas de commentaires »

owni

De quoi avons nous peur dans la pratique des réseaux sociaux en classe ?

Suite à la table ronde à laquelle j’ai participé pour Le Café pédagogique à #Educatice, j’ai été interviewée par France Inter à ce sujet.

Dans ce reportage, ont été aussi interrogés des lycéens sur le même thème : leurs avis sur la question sont unanimes : il ne faut pas faire rentrer les réseaux sociaux à l’école. Ce n’est pas leur place, ce n’est pas sérieux.

C’est l’avis des lycéens et d’un très large public d’adultes, enseignants ou non.
Une peur populaire sur les réseaux sociaux du Net se généralise et globalement sur l’Internet, Facebook en tête. À chaque fois que Facebook est abordé dans des réunions pédagogiques et globalement dans les médias, c’est pour évoquer tous les abus, dégâts, dérives engendrés par la pratique d’un tel média. Le sommet a été atteint médiatiquement avec les « apéros Facebook » au printemps.

Les adolescents, comme la société, ont assimilé cette idée du média social du Net. C’est leur moyen de communication (après le sms) privilégié mais ils veulent le garder du domaine du privé.

Un espace de jeu mais pas de travail

Facebook et de façon plus générale le réseau social du Net représentent pour eux une terre privée et terre de danger dénuée de tout sérieux : c’est un espace de jeu mais surtout pas de travail. Impression donnée par leurs propres pratiques et par la diabolisation engendrée par les médias.

Pour présenter « Twitter en classe » à mes élèves, je constate deux réactions qui s’opposent :

1) L’élève se réjouit qu’on parte de ses pratiques numériques : que le micro-blogging de type Facebook puisse entrer dans ses pratiques scolaires, qu’un enseignant ne diabolise pas son moyen de communication favori et généralement Internet.

2) Mais l’élève est méfiant et a peur : il sait quelles dérives le microblogging engendre (parfois il pratique ces dérives, parfois il les subit des autres) et ne cesse d’entendre combien Internet et en particulier ces réseaux là sont dangereux. Les médias lui disent, l’institution scolaire lui répète ! Facebook est bloqué dans la plupart des établissements scolaires.

J’ai pu rapidement convaincre mes élèves de l’intérêt de la pratique pédagogique de Twitter. Parce qu’ils n’utilisent pas personnellement ce média. Twitter, je le sais, reste et restera pour ces promotions un média sérieux et scolaire du fait de l’usage que j’en ai imposé. Il y a donc différenciation complète dans leurs esprits et dans leurs pratiques.

J’ai décidé pour les deux années scolaires à venir d’étendre nos usages en classe en partant de leurs usages personnels. Pour deux raisons :

  • Toujours cette volonté de les éduquer à l’Internet.
  • Et parce que je suis partie du postulat suivant : partir de leurs usages personnels permet une meilleure implication de l’élève. C’est aussi « confortable » pour l’enseignant : partir de leurs usages permet de sauter la période de formation à l’outil (gain de temps estimable !) et surtout permet de valoriser les compétences de l’élève : le savoir ne vient pas que de l’enseignant. L’élève se pose formateur pour les élèves les plus faibles dans ces pratiques (inversion souvent des rôles du « plus fort » et du « plus faible ») Ainsi j’ai décidé en plus de Twitter de leur faire créer des pages Facebook sur des évènements que nous organisons au lycée (expositions mises en place, concours de poésie etc.), un blog sur leurs écrits en français, une boite mail active de classe, des Google-docs, du travail collaboratif avec EtherPad, des publication de vidéos sur YouTube, des CV vidéos pour leurs recherches d’emploi, de stage ou recrutement en écoles post bac. Les réseaux sociaux, YouTube, le mail, le blog sont leurs principales pratiques. Nous agrégeons des pratiques comme EtherPad et les CV vidéo. Il en est là de la partie formation qu’incombe à l’enseignant : ne pas laisser l’élève à son niveau personnel de connaissances et de formation mais bien l’élever stricto sensu. Toutes ces pratiques restent sous la thématique de l’éducation à l’Internet et de la construction d’une identité numérique positive de l’élève. Dans le cadre d’une séquence sur l’autobiographie, je leur ai fait écrire des textes à la manière de François Delarozières (chef des « machines » de Nantes). L’objectif final étant de les faire se filmer avec des smartphones à la manière de cette vidéo. J’avais prévu le stockage de ces vidéos sur YouTube. Ces vidéos doivent servir d’autobiographies et donc de présentations dans le cadre de nos échanges via Twitter avec les étudiants indiens de David Cordina à l’Alliance Française de Bombay1 Chaque vidéo doit identifier l’élève qui a réalisé le mini-film et l’élève filmé.
  • Je me heurte pour le moment à une résistance forte de plusieurs élèves pour cette diffusion. Ils argumentent qu’ils ne veulent pas se retrouver « sur Internet », que cette vidéo pourra nuire à leur image etc. J’ai été confrontée à la même opposition lors de la création de leur compte Twitter : je leur ai demandé de mettre en pseudo leur prénom et leur nom et en avatar une photo d’eux. Certains ont refusé ces règles.

Je mène un long travail de persuasion sans savoir si je gagnerai : je suis confrontée à l’élève qui a peur alors que nous sommes dans un processus raisonné et accompagné. Phénomène que je n’ai pas connu l’année passée avec la première classe tweeteuse. Mes élèves cette année sont plus jeunes d’au moins deux ans avec un niveau de réflexion beaucoup moins mature. J’avais des pré-adultes, j’ai cette année de vrais adolescents. Ils sont nés sur Internet sur les derniers relents de Skyblogs et en pleine médiatisation de Facebook. Médiatisation et diabolisation. Les reportages, les émissions comme Envoyé spécial en février, CANAL+ en septembre, des articles de presse comme celui de Télérama ne pointent que sur les aspects négatifs de l’Internet. Rarement les médias « grand public » pointent sur les aspects positifs, sur les avancées sociales, pédagogiques que l’Internet permet (alors que tous les journalistes travaillent aujourd’hui et ne pourraient se dispenser d’un tel outil de travail !).

Focaliser uniquement sur les adolescents, une grave erreur

Nous partons aujourd’hui d’un lourd constat qu’il ne faut surtout pas nier et occulter : personne n’a été formé aux usages de l’Internet et en particulier aux réseaux sociaux du Net type Facebook. Les dérives, les dégâts sont lourds lorsque mal utilisés. Ce procès récent montre que les adultes sont largement concernés par ces dérives. Focaliser uniquement sur les adolescents serait une grave erreur. Aujourd’hui les plus mauvais utilisateurs de l’Internet sans réflexion, sans recul, sans prise de conscience sont les adultes.

S’il est difficile, voir impossible de former les adultes, c’est totalement possible pour les élèves des petites classes jusqu’aux études supérieures.

J’ai à convaincre des adolescents que tout est possible sur Internet : le pire est à éviter, le meilleur est à construire de façon raisonnée. Si un futur employeur tape le nom d’un de mes élèves sur « Google », il trouvera (aussi !) des travaux de français, de logistique, des échanges via Twitter à propos des cours, des vidéos de présentation, des pages Facebook sur une expo photo à laquelle il aura participé, un concours de poésie qu’il aura gagné. Une identité numérique Positive.

À suivre !

Billet initialement publié sur Ma onzième année et trouvé sur l’excellent Owni

Image CC Flickr aleeed et rishibando

Atelier design numérique

Enquêtes/études/ouvrages, Tic Pas de commentaires »

Rencontres Internationales du Numérique, 21-22 octobre 2010, Paris

numériques

Évènement phare d’Ubifrance, dédié aux professionnels des Technologies de l’Information et des Télécommunications, les Rencontres Internationales du Numérique auront lieu les 21 et 22 octobre prochains à Paris. Placées sous le thème du développement international, ces rencontres permettent aux entreprises françaises du secteur High Tech, de saisir les tendances TIC mondiales, de bénéficier de retours d’expériences et de rencontrer des spécialistes marchés.

A cette occasion, l’APCI et *designers interactifs* animeront conjointement un atelier dédié au design numérique, le vendredi 22 octobre de 14h30 à 15h30.

Ubifrance
77 Boulevard Saint Jacques 75998 Cedex 14 Paris
Téléphone : +33 (0)1 40 73 34 86
http://rin.ubifrance.fr

D’après : magazine.designersinteractifs.org

Conférence Mobilité européenne et réseaux sociaux

Europe, Tic Pas de commentaires »
Image - Conférence Mobilité européenne et réseaux sociaux

Le 07/10/2010
Lieu : PARIS

En collaboration avec l’Agence 2e2f, le réseau Euroguidance organise une conférence nationale « Mobilité européenne et réseaux sociaux » à Paris le 7 octobre 2010. Sont attendus de nombreux acteurs de l’orientation et de la formation tout au long de la vie, notamment ceux engagés dans la mobilité européenne. Des spécialistes des médias/réseaux sociaux viendront apporter leur expertise dans ce domaine.

Date limite d’inscription : 01/10/2010

S’inscrire

Flux RSS des articles Flux RSS des commentaires Connexion