Comment gérer le public adolescent dans nos salles ?
Que faire au-delà de MSN ?
Tour de table des attentes et des expériences
Stefan K: reçoit des enfants et des adultes
Pascale H: depuis 3 mois dans PEL. A conçu un journal avec des préadolescents qui fonctionne plutôt bien.
Nimwa N: les jeunes ont l’obligation de participer au petit journal diffusé tous les 3 mois dans le journal de la communauté de communes.
Jean-Claude M: PEL dans un centre social: comment attirer les ados? De plus, avec l’opération «Ordi 60», l’idée est de les sensibiliser aux TIC (création de blogs etc.…), mais finalement ils l’utilisent peu pour des nouveaux usages. Ils n’ont pas le droit à skype dans le PEL. Dans le PEL, les jeux vidéo sont utilisés comme supports par groupe de 5 à 14 enfants.
Stéphanie B: intervient dans des écoles avec l’agrément de l’inspection académique. Les jeunes sont souvent difficiles à motiver. A conçu un livre découverte sur le tourisme et le patrimoine du canton qui a très bien fonctionné. Utilise donc beaucoup la photographie (avec les préados pour Noël par exemple).
Géraldine: samedi après-midi avec des adolescents qui jouent souvent aux jeux en réseau: comment les gérer sans ateliers?
Fabian C: a mis en place des stages de MAO. Impose des créneaux horaires avec des ateliers. N’a trouvé que la méthode «autoritaire» pour essayer de mettre en exergue la créativité des enfants et ainsi les décoller de MSN.
Gauthier L: reçoit du public plutôt préadolescents mais cherche des idées pour les décoller de MSN et des jeux.
Agnès: travaille dans une bibliothèque. Hormis les classiques MSN, Facebook et blogs, elle accompagne les jeunes déscolarisés dans la rédaction de lettres de motivation, CV et la recherche d’emplois.
Sandrine T: sa structure est aussi un PIJ, mais elle a du mal à attirer les jeunes. Les principaux usages restent ceux de MSN et Youtube.
Johanne D: a mis en place un atelier vidéo avec en partenariat avec les associations «Passeurs d’images» et «Acap» . A mis aussi en place une exposition photos avec un professionnel sur la thématique de l’environnement. Conseille de réaliser des ateliers courts afin que les jeunes ne se lassent pas. Les ateliers mis en place ont bien fonctionné.
Christelle L: Hormis les usages habituels: Facebook, MSN et Skyblog, a mis en place des ateliers de réalisation de calendriers, de cartes de vœux. Conseille elle aussi de mettre en place des ateliers courts (pas plus d’1h30).
Bastien M: reçoit des publics seniors et jeunes. Privilégie l’accès libre pour le moment. L’atelier vidéo qui avait été mis en place a été un échec car organisé un mercredi; les jeunes ne se sont pas déplacés. Il va recevoir un adolescent en stage, facilitant peut-être une fidélisation.
Angélique S : a récemment intégré le réseau PEL. Pour le moment, les usages sont ceux de MSN et Facebook, attend des échanges qu’on l’amène à trouver des idées d’ateliers.
Xavier B : nouvellement intégré dans le réseau PEL, attend aussi qu’on lui donne des idées d’ateliers.
Régis R: a mis en place plusieurs ateliers: cf. la synthèse sur les idées d’ateliers
En quoi le public d’adolescents est particulier ?
- L’adolescent est souvent complexé, il a un besoin de reconnaissance
- Il a souvent un fonctionnement autonome avec l’ordinateur ce qui ne signifie pas qu’il est à l’aise avec l’ensemble des applications et des termes
- Il peut avoir parfois une double identité sur Internet (2 blogs: l’un très positif, l’autre plus sombre).
- La notion de l’intimité chez l’adolescent est différente de la nôtre. Ils ont le désir de s’exposer: Serge Tisseron (psychiatre); la notion d’extimité, l’obscur désir de s’exposer, pouvant aller parfois jusqu’à la recherche perpétuelle de nouveaux commentaires sur leur profils de réseaux sociaux et leurs blogs. C’est souvent la course à la «popularité» numérique, qu’il faut surveiller.
- D’autant que les jeunes peuvent faire de mauvaises rencontres sur Internet (des blogs tels que Skyblogs, ajoutent automatiquement des contacts aux pages de leurs utilisateurs même s’ils ne se connaissent pas). Facebook, lui offre la possibilité de contrôler le paramétrage.
- Autre difficulté: les parents eux-mêmes ne surveillent pas les usages de leurs enfants sur Internet.comme le montre l’étude Ipsos 2008 :
-
72 % des parents admettent laisser leurs enfants surfer seuls
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46 % de ces parents pensent qu’il n’y a pas de risque
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97 % des parents connaissent l’existence des logiciels de contrôle parental
Selon l’ enquête quantitative réalisée en ligne par IPSOS auprès d’un échantillon national représentatif de 500 enfants âgés de 9 à 17 ans en 2009, 90% des enfants vont connaître à un moment donné un problème1 sur l’Internet (via l’ordinateur ou via leur portable). Le téléphone mobile devient d’ailleurs de plus en plus utilisé par eux pour surfer sur le Net, jouer à des jeux en réseau ou aller sur des sites communautaires : 30% d’entre eux utilisent leur téléphone mobile pour aller sur internet.
- D’autre part, il faut parfois faire face à un conflit de générations (exemple du langage texto employé aussi sur internet). Les animateurs ne sont pas des enseignants, et en même temps, ils doivent se tenir au fait des usages et des us et coutumes des jeunes publics pour mieux les comprendre. Exemple: le CRIJ Picardie a créé un compte sur Facebook, qui compte aujourd’hui plus de 1000 inscrits, dont 80% de jeunes.
Synthèse des idées d’ateliers :
Puisqu’ils veulent être populaires, leur faire produire des choses qu’ils peuvent intégrer à leurs pages de réseaux sociaux. De même, le fait de poster sur Facebook des créations personnelles réalisées par les animateurs PEL peuvent leur donner l’envie de faire les mêmes (médium commun).
Quelques exemples:
- Marathon photos, avec un thème tiré au sort, exposition dans une galerie photos, concours avec un jury (dont un professionnel). Les gagnants gagnent un tirage 40X60cm. Parution d’articles dans la presse locale.
- Ateliers StopMotion: animations en volumes, image par image (création d’un mouvement à partir d’objets immobiles). Envoyer le résultat sur Youtube, dailymotion afin que les jeunes se l’approprient et l’intègrent à leur page personnelle.
- Ateliers jeux: fonction sociale des Lan Party (6 à 10 joueurs avec des maîtres de plateau » responsabilisation)
- Ateliers vidéo, avec concours, éventuellement intervention d’artistes (La rue est vers l’image,ACAP )
- Atelier rédaction (d’un journal, d’une revue touristique etc.)
- Concours d’affiches (utilisation de la palette graphique)
- Serious Games ou «jeux sérieux», qui sont aussi utilisés en entreprises peuvent être des outils de mise en place d’ateliers sur diverses thématiques (environnement par exemple).
- Scrapbooking: introduction de photographies dans un décor (pour réaliser des calendriers par exemple)
- Customiser des vêtements: transfert photos sur des tee-shirts
- Quiz: exemple: dans le cadre de la Fête de l’Internet «Touche pas à ma Picardie»» permet de responsabiliser les jeunes et de les valoriser
- Machinima: animation par le détournement. En plus, il existe des concours nationaux et internationaux
- Ateliers MAO: leur permet de créer leur musique, de repartir avec leur CD gravé et leur pochette réalisée par leurs soins
Question sur le droit à l’image: souvent les PEL ont mis en place des règlements intérieurs (cf. le site ressources des animateurs PEL). Pour la participation des jeunes aux ateliers, certains PEL demandent des autorisations parentales (pérennes ou ponctuelles).
Synthèses des outils possibles :
cf. le forum des animateurs Beaucoup d’outils sont disponibles en ligne :
- Scrapbooking: cf. Atelier de Cécile Reyes
- Machinima cf. PEL de Gauchy, Loïc Bozzani)
- Lan Party : TrackMania, Urban Terror (+16 ans), Open Arena (-16 ans), Warso, BMWM3 Challenge – montage vidéo: Ubuntu studio – Mao: Hobnox Aviary
A retenir
Le public «adolescents et préadolescents» est particulier dans le sens où il est en pleine construction de son identité. L’objectif est de les responsabiliser, de les valoriser, par le biais de session courtes, faisant appel à des professionnels ainsi qu’à différents partenaires (associations, habitants, sécurité routière par exemple) Les jeux mais aussi les concours peuvent être autant de supports d’ateliers pouvant être tournés vers des thématiques qui touchent les jeunes (leur vie, l’environnement etc.). Afin de les «capter» et de les fidéliser, il est nécessaire d’utiliser un «langage commun» par le vecteur des médium (Youtube, Facebook, etc.) et des médias (téléphone portable) qu’ils utilisent.
L’idéal est de les amener à créer quelque chose. Il peut parfois s’avérer difficile de déterminer s’ils ont réellement «créé» une œuvre (cf. certains logiciels de MAO qui mâchent trop la démarche), mais si le jeune y trouve un intérêt, c’est par la suite qu’il développera son talent; il faut donc voir la démarche comme une porte d’entrée.

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